vendredi 14 février 2014

Structure de base


La structure de base d'une phrase simple paraît familière et facile:
Quelqu'un fait quelque chose
Quelqu'un agit à un endroit donné
Quelqu'un agit à un moment donné
Quelqu'un est quelque chose
Ich mache die Arbeit. Je fais le travail.Ich schlafe hier. Je dors ici.Er kommt bald. Il viendra bientôt.Du bist mein Freund. Tu es mon ami.
Soit, en termes grammaticaux:
Sujet - verbe - complément (ou attribut du sujet)
Le sujet pouvant être un nom (nom commun, nom propre, pronom) ou un ensemble de mots (groupe nominal), le complément un mot (nom commun, nom propre, pronom, adverbe) ou un groupe nominal.
Ce que les exemples précédents ne font pas apparaître clairement, c'est la place du verbe conjugué. Il est, de fait, toujours à la deuxième place dans la phrase énonciative.
Ceci n'est pas sans conséquences sur la structure de la phrase et à l'origine de difficultés sérieuses pour l'apprenant francophone. En effet, la règle n'admet qu'un seul élément devant le verbe conjugué: le sujet ou un complément.
Un complément (ou un attribut du sujet) au début de la phrase chasse automatiquement le sujet de sa position initiale vers un autre emplacement: en général tout de suite après le verbe conjuguéSujet et complément ne peuvent coexister devant le verbe conjugué.
Le français contourne le problème de la coexistence par un artifice: une virgule, voire plusieurs virgules dans le cas de plusieurs compléments éventuellement différents - virgule dont la présence est aussi légèrement marquée à la prononciation de la phrase. La virgule tend à disparaître, la phrase se dit plus vite - l'automatisme français handicape encore davantage l'assimilation de la structure allemande.
Demain il pleuvra.
Morgen regnet 
es.
En français: coexistence du complément demain et du sujet impersonnel il devant le verbe.
En allemand: renvoi du sujet impersonnel es après le verbe.
Mais pourquoi commencer la phrase par autre chose que le sujet? Différentes raisons peuvent être avancées:
1. On veut mettre en évidence, on veut insister sur une information qui n'est pas à sa place régulière. Ce peut être celle par laquelle on commence la phrase, ou bien le sujet rejeté après le verbe. Enoncée oralement, cette information est souvent accentuée par la voix, alors que dans le cas de la phrase écrite le contexte dans lequel elle est insérée peut jouer un rôle capital.
    Morgen gehst duDemain c'est toi qui iras.Ich kenne Paul. Uwe kenne ich nicht. Je connais Paul. Uwe, je ne le connais pas.Am Samstag Morgen trainiere ich. Le samedi martin je m'entraine.
2. L'indication temporelle est importante; elle vient le plus tôt possible dans la phrase. Il en est d'ailleurs de même en français. Sa mise en avant relève souvent du simple automatisme non réfléchi.
    Um 10 Uhr haben wir Kaffeepause. A dix heures c'est la pause café.
Elle trouve tout particulièrement sa justification dans l'énumération (emploi du temps):
    Um 10 Uhr machen wir Kaffeepause, und dann treffen wir den Chef.
    A dix heures nous ferons une pause café et puis nous rencontrerons le chef.
3. La phrase est longue et compliquée, on allège donc la construction et on facilite l'énoncé en se "débarrassant" dès le début d'un élément qui pourrait être encombrant. Cela relève là aussi plus ou moins de l'automatisme, comme en français d'ailleurs:
    Auf dem Weg zum Büro hatte ich gestern eine lange Diskussion mit Paul über die Pläne der Firma.
    (Ich hatte gestern auf dem Weg zum Büro eine lange Diskussion mit Paul über die Pläne der Firma.)
    En allant au bureau j'ai eu hier une longe discussion avec Paul sur les projets de la société.
L'antéposition d'un complément ne relève donc pas nécessairement de la nécessité d'insister sur son importance particulière; elle devient souvent presque une banalité. La construction de la phrase n'en est pas moins dépendante.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire